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Que pensez-vous de la pollution de l'air au Québec ?
 
Commémoration: Il y a 5 ans, le projet du Suroît était abandonné

22 novembre 2009 - Je me souviens, il y a cinq ans aujourd'hui, Hydro-Québec enterrait la centrale Le Suroît après une saga interminable ayant commencé en 2000. Dans cette affaire, l'AQLPA invita, en 2002, la société québécoise à la mobilisation pour faire respecter sa volonté clairement exprimée lors du désormais mémorable "Débat public sur l'énergie au Québec".

Suite à cette invitation de l’AQLPA, Nature Québec, le groupe STOP, Le parti Vert du Québec, le Mouvement au Courant et le Regroupement national des conseils régionaux en environnement du Québec reprirent le bâton du pèlerin pour rappeler les engagements du Québec et d'Hydro-Québec suite au Débat public sur l'énergie au Québec.

Réalisant que malheureusement nous n'avions pas d'écoute ni du ministre de l'environnement de l’époque, Monsieur André Boisclair, ni du ministre de l'énergie, Monsieur Jacques Brassard, eux-mêmes laissant entendre que la centrale Le Suroît pourrait être une bonne affaire pour l'environnement et le Québec, nous avons créé la Coalition Québec vert Kyoto, qui s'appuyait fermement sur les conclusions du Débat public sur l'énergie de 1995.

Mais que voulait donc la population qui dans toutes les régions du Québec avait massivement participé aux consultations de la Commission sur le débat public sur l'énergie au Québec ?

La population du Québec voulait, et elle l'a clairement exprimé, que tous ensemble nous prenions le virage vert en terme de production et de consommation d'énergie. Pour résumer très brièvement leur volonté, les Québécois voulaient que l'on établisse une stratégie énergétique transparente, acceptée démocratiquement par la population et surtout reflétant leur désir de protection de l'environnement.

La population du Québec exigeait qu'on priorise la conservation de l'énergie et l'efficacité énergétique. Ils voulaient que le Québec fasse le plein de l'énergie que l'on gaspille avant d'en produire d'autre.

La population du Québec, composée de gens bien de leur temps, voulait qu'ensuite on prenne le virage des énergies vertes comme l'éolien, le solaire et la géothermie avant de considérer poursuivre le développement hydroélectrique. Les Québécois à peu de choses près disaient : gardons nos rivières en réserve si jamais on manque encore d'énergie après avoir fait le plein avec la conservation et les énergies vertes, nous y reviendrons, nos rivières ne se sauveront pas, mais nous, nous pouvons les sauver.

La population du Québec lors du débat public sur l'énergie au Québec avait clairement rejeté la production thermique d'électricité pour une deuxième fois dans son histoire. Elle l'avait d’abord fait lors de la révolution tranquille en disant non au charbon, au mazout et au gaz, en choisissant par ailleurs de relever le défi de développer notre potentiel d'énergie propre du moment, l'hydroélectricité.

La population du Québec avait aussi très clairement rejeté la production d'énergie nucléaire, sachant fort bien qu'avec tout le potentiel en conservation d'énergie et en énergies vertes, celle-ci n'avait pas sa place au Québec.

En 1996 la volonté de la population du Québec est devenue " La politique énergétique du Québec" suite aux conclusions du débat public sur l'énergie au Québec. Mieux que quiconque, l'AQLPA s'en souvient bien car elle avait initié la mobilisation pour obtenir ce fameux débat public. Elle en a d’ailleurs payé chèrement le prix.

Malheureusement dès 1998, Monsieur André Caillé, alors président d'Hydro-Québec, a sabordé sournoisement sans faire de vague la nouvelle Politique énergétique du Québec. Contredisant et rejetant la volonté démocratiquement exprimée par tous les Québécois et les Québécoises, il nous ramenait à la production thermique d'électricité avec son projet de construire douze centrales thermiques, dont la célèbre centrale Le Suroît.

Malgré un changement de gouvernement en 2003, cette saga se poursuivi jusqu’en novembre 2004. Moment où le ministre des ressources naturelles et de l’énergie, Monsieur Sam Hamad, enterra définitivement la centrale Le Suroît, après une mobilisation populaire sans précédent au Québec grâce à la Coalition Québec vert Kyoto.

Dans la foulée, heureusement, onze des douze projets de centrales au gaz furent abandonnés, mais l’une d’elle fût quand même bâtie, en 2006, la centrale Bécancour. Cette fameuse centrale n'aura fonctionné qu'environ un an en 2007 et, depuis, la population du Québec paye 150 millions de dollars par année pour qu'elle ne produise pas. Au final, la centrale de Bécancour aura émis 1 800 000 tonnes de GES absolument pour rien, en pleine contradiction avec nos engagements, en plus de nous avoir fait perdre près de 500 millions de dollars en trois ans. Le pire est peut-être encore à venir car Hydro-Québec a signé un contrat de 25 ans.

Dernièrement le gouvernement du Québec a pris l'engagement d'être le chef de file en Amérique du Nord dans la lutte aux changements climatiques. Nous l'appuyons fermement dans cette voie. Mais nous lui demandons aussi de revenir aux conclusions du débat public sur l'énergie, d'établir la transparence dans le développement énergétique et de relever le défi du 21ième siècle, devenir les maîtres de l'énergie verte et propre.

Le Québec a à nouveau rendez-vous avec l'histoire comme il en avait un dans les années soixante, lors de la Révolution tranquille menée par Messieurs Jean Lesage, René Lévesque et Jacques Parizeau.

Monsieur Charest, la science et la volonté populaire doivent dicter la suite, à vous maintenant de bâtir un avenir vert et durable en choisissant d'abandonner les méthodes d'un autre siècle et en entrant résolument dans le siècle nouveau. Pour ce faire il faut d’abord et dès maintenant, en cette veille de Copenhague, fixer des cibles de réduction des GES de l’ordre de 25% et plus. Vous avez le pouvoir d’agir, le Québec peut et doit aller de l’avant dans ce dossier.

Oui, je me souviens, et j’espère me souvenir positivement des choix que vous ferez nôtres, pour les années venir.

Je me souviens...

André Belisle
Président de l’AQLPA

 
Association Québécoise de
Lutte contre la Pollution Atmosphérique (AQLPA)
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Saint-Léon-de-Standon (Québec), G0R 4L0
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